mercredi 3 février 2010

One day in Myanmar




C'était une terre d'élection pour de nombreux voyageurs en Asie du sud-est.
La richesse de son architecture religieuse - les pagodes, les bouddhas, la beauté des paysages, la chaleur de l'accueil et la gentillesse des habitants étaient connues, célébrées, rapportées dans les relations de voyages... Le coup d'état des généraux en 1989 a fait tombé une chappe de plomb sur la Birmanie, devenue Myanmar.

La Thailande et le Myanmar partagent une frontière terrestre sur près de deux mille kilomètres. Seuls quelques rares points de passage entrouvrent ce "rideau de fer" entre deux pays dont les forces militaires s'épient encore à la jumelle.

Mae Sai, tout au nord de la province de Chiang Rai, en plein triangle d'or, est l'un de ces ports d'entrée où il est possible d'obtenir un sésame pour Myanmar. Un sésame tout relatif : le visa délivré pour deux semaines permet uniquement de s'aventurer, dans des conditions d'encadrement strictes, jusqu'à la ville de Mengla, 250 kilomètres au nord de la frontière.

Faute de temps, je me contenterai d'une visite d'une journée dans la ville frontalière de Tachilek. En route pour la Birmanie...
Sur le chemin de l'école...

Songtaew, pousse-pousse, tuk-tuk...

... ou simplement à pied en poussant sa marchandise, à chacun son mode de déplacement.

Un seul mot d'ordre : la sécurité avant tout...

Les tuk-tuk locaux, bricolés à partir de motos chinoises.

Le coeur de la ville bat au rythme du grand marché central. Chaque jour, depuis l'aube jusqu'aux premières heures de l'après-midi, c'est ici que la population de Tachilek se retrouve pour acheter, vendre, échanger, manger, boire un café... ou simplement se rencontrer et faire la causette.
Au menu ce midi : du poulet...
... aux épices. Encore une journée de faite ! Avant de remballer la camelote, une petite sieste ça peut pas faire de mal.
D'autres moins fatiguées, à moins que la vente ne se soit mal passée, sont déjà sur le chemin de la maison.

La quiétude des rues adjacentes contraste avec l'effervescence du marché.

lundi 25 janvier 2010

Thai-Burmese border landscapes (part two)



La Thailande partage une très longue frontière terrestre et montagneuse avec son voisin birman. Rien que dans les provinces du nord, la crête frontalière court sur des centaines de kilomètres. Cela méritait bien une nouvelle escapade...

Cette fois j'ai sillonné la province de Chiang Rai, dans le triangle d'or, et plus particulièrement la région de Mae Salong. Un choix qui ne doit rien au hasard et tout à l'Histoire : le village fut en effet fondé en 1949 par le 93e régiment du Guomindang (GMD), resté fidèle à l'empereur de Chine au moment de la Révolution communiste menée par Mao. A sa suite, des Chinois en provenance du Yunnan vinrent s'installer ici. Les paysages - villages perchés, cultures de thé, rizières, rappellent d'ailleurs ceux de la province chinoise.

Durant de nombreuses années Mae Salong servit de plaque-tournante au trafic d'opium, contrôlé par le GMD et le célèbre Khun Sa, véritable "parrain" de ce commerce, avait établi son camp de base dans un village du massif, Ban Thoet Thai.

Soixante ans après l'arrivée des soldats chinois, Mae Salong reste très marquée par son héritage historique. La population, aujourd'hui encore à 90% d'origine chinoise, tient beaucoup à cet ancrage culturel : le chinois, ou plutôt un dialecte du Yunnan, demeure la langue maternelle et le parlé du quotidien. On parle chinois, on mange chinois, on regarde la télé chinoise, les panneaux d'information, les menus sont en chinois...

Quant au trafic d'opium, il a "officiellement" totalement disparu dans années quatre-vingt dix...
Assez parlé, en route !

Vue partielle du village de Mae Salong
Village de Ban Thoet Thai (en partie), fief de Kuhn Sa, l'ancien parrain du trafic d'opium, finalement délogé par les autorités thais dans les années 80.

dimanche 10 janvier 2010

Thai-Burmese border landscapes


2010 is here, happy new year !
Any wish? I have one : being able to keep updating this blog... A hard task for me...
I also decided to switch to English language for my non-speaking French friends. Isn't nice? :)
By the way, please, correct my mistakes !
For those who do not understand a word of Shakespeare's mother tongue, no worry : it is just a try, for this post !
And it won't be a long article anyway.

I snapped these shots last fall, during a 3 days bike trip along the thai-burmese border. Living in Chiang Mai, the former "Burma" state, today called Myanmar, is really close : just a 2 hours drive to the border ! Once there, you're in the middle of northern Thailand evergreen mountains, passing through hilltribe villages (Hmong, Karen, Lahu) and enjoying magnificent sceneries.
Enough talks. Pictures ! For those who would like details, please contact me.


mardi 8 décembre 2009

Along the Mékong



Du bon usage de la lenteur.
C'est le titre du dernier livre que je viens de lire. Un essai de Pierre Sansot (un auteur que je recommmande vivement !) prônant une certaine flânerie, l'écoute et le repos, une forme de sagesse pour que "nous donnions au temps toutes ses chances et laissions respirer notre âme".
S’agissant de mettre à jour ce blog, je présente de toute évidence des prédispositions naturelles à pratiquer cet art de vivre « à retardement »…
Après plus d’un mois de silence, voici enfin un nouveau volet de mes « musardises » en terre de Siam. Un chapitre consacré à mon escapade sur les rives du Mékong avec, en guise de commentaires, des extraits de mon carnet de route.
Mékong.
Mae nam khong, la « mère de tous les fleuves ».
Un fleuve de légende qui prend naissance sur le haut-plateau tibétain et s’étire, sur près de 4500 km, à travers la Chine et la péninsule indochinoise avant de rejoindre la mer de Chine méridionale.
Un nom au parfum de magie et de vapeurs d’opium.
Une invitation au voyage vers le Triangle d’or et ses mystères…

En route !
"Le Mékong s'écoule paisiblement à moins de 20 mètres en contrebas de la guest house où je viens de poser mon sac. L'autre rive - et donc le Laos, n'est distante que de quelques encâblures. Se retrouver ainsi, au bord d'un fleuve mythique, en zone frontalière, confère au paysage une dimension mystérieuse, magique. La journée et demi de trajet que je viens de me taper depuis Chiang Mai valait la peine. Je suis tout simplement bien. Petit moment de plénitude où je me sens "connecté" au monde. A savourer..."
"Lever aux aurores. Le Mékong est enveloppé d'un voile brumeux, on discerne à peine la berge opposée. Des chants s'élèvent d'une pagode côté Laos. Un pêcheur lance son filet, imperturbable."
"Après avoir arpenté les bords du Mékong, je me pose face à l'ouest pour assister au coucher du soleil. Au même moment, une douce musique emplit l'atmosphère. Elle provient de la rive laotienne, m'assurent les deux jeunes moines qui contemplent eux-aussi le soleil plonger dans le fleuve. C'est si beau, si parfaitement adapté aux lieux, à l'instant, que l'on se sent appelé par les chants. Un peu comme Ulysse et les sirènes..."
"Après-midi magique. Le Mékong s'enfonce vers l'est et quelques montagnes bleues, encore sans nom pour moi. Quelques pêcheurs au filet. Quelques barges laotiennes amarrées."
"Une douce quiétude émane de ce coin de Thailande. Une vie au ralenti, la dolce vita version Mékong riviera..."
"Une autre belle et longue journée débutée à l'aube, pour voir le voile de brume, qui ce matin encore drappait le Mékong, peu à peu se déchirer, libérer le fleuve et laisser apparaître la rive du Laos."
" (...) je jette mon dévolu sur un vieux modèle pétaradant qui m'emmène tant bien que mal au sommet du Phu Tok, colline surplombant Chiang Khan et la vallée du Mékong."
"Le Pont de l'Amitié lao-thai enjambe le fleuve et relie Nongkhai à la capitale de la République Démocratique Populaire du Laos, Vientiane. Une lumière cuivrée teinte l'atmosphère au couchant, me rappelant des ambiances bizantines."
" Calme et sérénité. Des collines ondoient au fond et barrent l'horizon, sans le boucher. Invitation à contempler le fleuve des heures durant, tant le cadre est somptueux. Invitation à aller voir de plus près en naviguant sur les eaux du fleuve."
"Dernier lever du jour sur le Mékong. Derniers sons provenant du Laos. L'un des navires laotiens à quai depuis plusieurs jours a mis les bouts et remonte le fleuve. Il passe devant la terrasse de la guest house où je petit-déjeune. Je prends cela pour un signe, un appel à me mettre, moi-aussi, en ordre de marche vers le nord, Chiang Mai (...)"